En 1830, Jean Bardou, boulanger à Perpignan, a l’idée de confectionner des petits livrets contenant des feuilles prédécoupées qui permettent de rouler des cigarettes. C’est une invention assez importante car jusqu’alors, les fumeurs étaient obligés de découper ces petits papiers carrés dans de grandes feuilles importées d’Espagne. Un papier d’ailleurs épais et rugueux… Le succès est si rapide que Jean Bardou ajoute son nom sur ces petits livret pour éviter les imitations. On trouve d’abord ses initiales, séparés par une étoile, puis par un blason et enfin par un losange. Le losange de J◊B est pris pour un O et les clients prennent l’habitude de dire JOB.
En 1838, Jean Bardou s’associe à Jean-Zacharie Pauilhac, originaire de Montauban, pour financer et approvisionner son entreprise en papier. Son invention étant l’objet de contrefaçons, il dépose en 1849 une marque sous le nom de JOB. Après la mort de Jean Bardou en 1852, c’est son fils Pierre qui lui succède.
A Perpignan, les usines se développent et Pierre, qui prendra ultérieurement le nom de Bardou-Job, fait construire un magnifique hôtel dont tout le décor et le mobilier ont été conservés de manière exceptionnelle.
Côté Pauilhac, Jean-Zacharie décède en 1866 et son frère Pierre Léon Jules lui succède. C’est lui qui se marie avec Claire que l’on connaît beaucoup mieux car elle a laissé son nom à une rue de notre quartier.
Une nouvelle société naît en 1872 : la société Bardou, Job et Pauilhac. La nécessité de s’approvisionner en papier la pousse à le produire elle-même. Entre 1872 et 1873, une usine est construite en Ariège, à la Moulasse, près de Saint-Girons. Actionnée par des turbines, mues par l’eau du Salat, elle connaît un grand succès. Dès 1892, une usine hydroélectrique est construite à 2 km. Une grande nouveauté pour la région puisque c’est la première fois que l’on transporte de l’énergie électrique pour alimenter une usine dans les Pyrénées. C’est également là qu’Aristide Bergès a inventé la houille blanche pour les besoins de la papeterie familiale.
En 1913, les maisons Bardou-Job et Pauilhac sont fondues en une seule société anonyme qui prend le nom de Société JOB et étend ses activités aux domaines du tabac et des cigarettes. Des usines sont créées en France et à l’étranger : Strasbourg, Zurich, Alger (1913), Bastia (1924) et Brazzaville (1948).
En 1920, à Toulouse, des ateliers sont créés dans le quartier pour confectionner les petits cahiers à partir du papier fabriqué à la Moulasse mais on continue d’acheter du carton pour façonner les livrets. Ce n’est qu’en 1931 que l’on décide de fabriquer le papier fort destiné à leur confection et que l’on construit l’usine des Sept Deniers, exemplaire pour son architecture Art Déco (architecte Pierre Thuriez). C’est également à la même époque que l’on reconstruit les ateliers du 4 rue de la Concorde et à l’arrière, les bureaux du 17bis rue Claire Pauilhac.
En 1960 démarre aux Sept Deniers la fabrication du papier couché haut de gamme destiné aux impressions de luxe.
Le 14 avril 2001, l’usine JOB, qui avait compté jusqu’à 450 salariés, fermait définitivement ses portes. En octobre 2011, le bâtiment devient un lieu de culture : l’espace Job.