Patrimoine remarquable

Le monument aux morts

En prenant la rue Falguière, à droite en regardant la fontaine, vous débouchez au bout de cette rue sur la place Roquelaine. Sur cette place se trouve le monument aux morts (photo 1 et 2) commémorant le conflit mondial de 1914 à 1918 avec l’inscription “ Aux morts glorieux des quartiers Bayard, Matabiau, Concorde, Chalets ”. En effet, après ce qui a été appelée la Grande Guerre, les habitants des quartiers Bayard, Matabiau, Concorde et Chalets, désireux de commémorer le souvenir de leurs enfants morts au combat, forment rapidement un comité pour financer leur projet. Le siège de l’association est situé au café Estrade, 29 rue de la Concorde. Une subvention est demandée à la Ville qui valide le versement de 1 000 francs, lors du conseil municipal du 25 janvier 1921. Et la recette globale recueillie par le comité s’élève à 43 000 francs.

Photo 3

Léo Laporte-Blairsy, associé à la Fonderie Susse Frères et à l’entrepreneur Gâche, réalise une œuvre ambitieuse en bronze de “ La France protégeant la Civilisation ”. La France, représentée sous les traits d’une femme, porte le bonnet Phrygien. Tandis que d’une main, elle tend un glaive pour repousser l’ennemi, de l’autre, elle protège de son bouclier la Civilisation assise à ses pieds. Cette dernière, couverte du voile des veuves, serre contre elle un flambeau allumé et tient de sa main gauche une couronne de laurier. Sont à noter la représentation sur le monument aux morts de différents objets, emblèmes de la culture et l’art : le violon du musicien, la palette du peintre, l’équerre et le compas de l’architecte, le rabot du menuisier, le maillet du sculpteur, le livre de l’écrivain (photo 3). Dessous a été accrochée une palme en bronze offerte par l’école Bayard en 1923.

Cette statue repose sur un pilier commémoratif de type piédestal sur lequel sont inscrits les noms des “ morts glorieux ”. A l’arrière, figurent les dates « 1914-1918 » et une seconde plaque de la Société les fusillés dédiée aux enfants de la Concorde morts pour la France. 

La cérémonie d’inauguration se déroule en deux temps, le dimanche 4 novembre 1923 (photo 4).

À 11h, une messe de Requiem est célébrée en la basilique Saint-Sernin.

À 14h, un cortège partant du siège du comité, rue de la Concorde, se dirige vers la place Roquelaine. De nombreuses personnalités locales sont présentes : MM. le commandant Barthel, représentant le Général du 17e corps d’armée ; le Général Trainert, vice-président de l’union des Pères et Mères dont les fils sont morts pour la Patrie ; Duchein, sénateur ; Gheusi et Ducos, députés ; Paul Feuga, maire de Toulouse ; Domergue, Béluel et Orsini, adjoints et divers conseillers municipaux. Les associations (le Souvenir Français, l’Alliance Toulousaine, l’Etoile d’Orient, la Fédération des Mutilés, l’Association des Poilus du 17° corps d’armée, la Maison du soldat), les élèves des écoles, les membres du comité, les habitants des quartiers… composent la foule assistant à l’inauguration. Lors de cette cérémonie, le président du Comité remet, officiellement, le monument à la ville.

On ne sait si Léo Laporte-Blairsy assista à cette cérémonie mais quelques jours plus tard (sans aucune autre précision), il décède et sa mort est annoncée par La Dépêche et repris par Le Cri de Toulouse dans son édition du 17 novembre 1923.

Il faut enfin noter que le quartier Lalande au nord de Toulouse a une rue Léo Laporte-Blairsy et que ce sculpteur est enterré au cimetière Rapas de Toulouse, la tombe familiale est ornée d’une douleur qu’il a lui-même sculptée (photo 5).

Photo 4 - Le Cri de Toulouse
Photo 5